Ce mois ci, Nos Women du monde sont Mariame Dao Gabala de Côte d'ivoire, Sylvie N'Tchandi du Gabon et Xesar Abdoul d'Irak

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Côte d’Ivoire

Après son baccalauréat, Mariame Dao intègre la prestigieuse école de commerce ESCA et y entame une formation en finance qu’elle perfectionnera par la suite à HEC Paris et à Montréal. Elle démarre sa vie professionnelle à seulement 23 ans en tant que directrice des finances d’une institution de formation des cadres africains. Elle va enchainer des postes de haute fonction au Bureau international du travail, à la Banque africaine de développement, à l’Organisation internationale du travail et à la Banque mondiale. Pour elle les femmes sont un potentiel économique de l’Afrique, elles sont le socle d’une famille, d’un peuple. Engagée dans le développement de l’Afrique par la femme, Madame Mariame Dao est considérée parmi les 11 femmes qui font avancer la Côte d’Ivoire et est reconnue pour ses actions en faveur de l’émancipation de la femme. Elle est également réputée pour son engagement et pour son travail visant à améliorer et développer le leadership des femmes à tous les niveaux de la société africaine (politique, économique, culturel et social). Elle reste un symbole au plan national pour son engagement dans le développement et particulièrement dans l’accès au crédit des pauvres et des femmes. Représentante Régionale de l’Afrique de l’Ouest pour OIKOCREDIT, elle se spécialise dans les secteurs de la micro finance et du financement des coopératives.

 

Gabon

A la tête de plusieurs start-ups dont l’agence de communication et évènementiel pour petits budgets, Boom Consulting, Sylvie N’Tchandi Touré a su imposer son visage comme le visage féminin du numérique au Gabon en tant que Directrice de l’Ecole 241, spécialisée dans la formation accélérée et intensive aux métiers du numérique. Entrepreneure, influenceuse, féministe et activiste dans des causes qui permettent aux femmes de trouver leur voie, l’entrepreneure a pris d’assaut sa reconversion professionnelle vers le numérique. Elle se décrit comme une accro de technologie, un virus qu’elle a attrapé au côté de son partenaire d’affaire Sylvère Boussamba. Aujourd’hui, la trentaine révolue et mère d’une petite fille, Sylvie Touré ne cesse de surprendre par son agilité, sa perspicacité et son intelligence. Quand on lui demande ce que c’est que d’être une femme entrepreneure et de faire face aux préjugés, elle répond :“Notre crédibilité n’est pas acquise dès le départ. Nous devons sans arrêt prouver que nous en sommes capables. De plus, évoluer dans un milieu à prédominance masculine est toujours très mal perçu. C’est épuisant, voir éreintant, mais je le prends comme un challenge. Affronter les remarques sexistes, c’est devenu un jeu pour moi, pas un frein. Je ne tronquerai pas mon rouge à lèvres, mes talons et ma féminité pour des remarques sexistes. J’impose ma personne, mon cerveau, mon génie, mon cœur et mon essence de femme.”

 

Irak

Xesar Abdoul est irakienne, elle rêvait de travailler. Aujourd’hui elle a son propre salon de coiffure et permet aux femmes de travailler. « Je veux soutenir les femmes pour qu’elles puissent elles aussi travailler. Car, nous les femmes, avons les capacités et les compétences pour faire partie de la société et travailler dans tous les corps de métier ».En effet les femmes qui travaillent sont un sujet tabou dans la société irakienne. Même leur famille n’accepte pas qu’une femme ait un emploi. Avant les femmes ne travaillaient pas en Irak et encore aujourd’hui elles sont peu nombreuses à le faire. La famille de Xesar lui disait de ne pas travailler car cela était honteux. « A mon époque, on arrêtait d’emmener les filles à l’école, à cause du qu’en dira-t-on. Les gens disaient : « Ah, la fille d’un tel ne va pas à l’école » ou « elle va à l’école », dans les deux cas, c’était mal. confie Xesar. Quand elle a parlé à ses parents de son souhait de travailler, ils n’étaient pas d’accord mais son mari l’a soutenue. Aujourd’hui, Xesar est passionnée par son métier de coiffeuse. « C’était une période pénible, ma famille nous harcelait mon mari et moi et m’empêchaient d’aller travailler, sous prétexte que les gens allaient mal parler de nous. Je n’ai pas accordé d’importance à leurs dires. Et mon mari m’a dit « Je te soutiens, laisse les gens parler ». Xesar a travaillé dans plusieurs salons avant d’ouvrir le sien. Aucun de ses employeurs ne l’a soutenue dans son projet de création d’entreprise. Beaucoup l’ont critiquée, dévalorisée. « Ils ont vu que j’ai eu du succès. Et que je pouvais à la fois remplir mes obligations familiales et travailler. Mon mari était fier de moi et il en parlait auprès de sa famille. Ses proches étaient contents. Aujourd’hui, ils me considèrent comme quelqu’un d’important. » Xesar est allée au bout de ses convictions et ne s’est pas laissée faire. Cette femme de 42 ans a tout fait pour réaliser son rêve même si au début, personne ne l’a soutenue.